Bon dans l’assiette, apprécié depuis des siècles dans les médecines traditionnelles : le curcuma a tout pour séduire. Cette épice dorée, cousine du gingembre, fait aujourd’hui l’objet de nombreux travaux de recherche, et on la retrouve partout : en cuisine, en jus, en gélules. Mais entre ce qu’elle apporte réellement, ce qu’on lui attribue à tort et les précautions à connaître, il y a de quoi s’y perdre. Voici un tour d’horizon honnête et complet des bienfaits du curcuma, de ses usages traditionnels et de la façon de le consommer en toute sécurité.

Qu’est-ce que le curcuma ?

Le curcuma (Curcuma longa) est une plante herbacée de la famille du gingembre, cultivée depuis l’Antiquité dans le sud de l’Asie, en particulier en Inde. On utilise son rhizome, une racine souterraine que l’on sèche puis réduit en une poudre jaune orangé, surnommée parfois le « safran des Indes ». C’est l’ingrédient qui colore le curry et qui lui donne son goût chaud, légèrement terreux et un peu amer.

Le curcuma doit sa couleur et l’essentiel de sa réputation aux curcuminoïdes, dont la curcumine est le plus connu. Ils ne représentent qu’une petite partie du rhizome sec, de l’ordre de 2 à 5 %. Le curcuma contient aussi des huiles essentielles, des fibres et quelques minéraux.

Ce que le curcuma apporte traditionnellement

Un riche apport en composés antioxydants

La curcumine fait partie des composés végétaux dont l’activité antioxydante a été mise en évidence en laboratoire. Cela explique en partie l’intérêt que lui portent les chercheurs, mais cela ne suffit pas à en faire un traitement : on parle ici d’usage traditionnel, à intégrer dans une alimentation variée.

Le confort articulaire

Le curcuma fait partie des plantes traditionnellement utilisées pour accompagner le confort articulaire et la mobilité, en complément d’une activité physique régulière et d’une alimentation équilibrée. Si les articulations sont votre sujet, nos articles Douleurs articulaires, vous pouvez agir, Arthrose et solutions naturelles et Quels aliments consommer en cas d’arthrose ? vous donnent des repères plus complets.

Le confort digestif

En cuisine comme en phytothérapie traditionnelle, le curcuma accompagne souvent les repas riches, pour le confort digestif. Il est utilisé depuis longtemps dans la cuisine indienne, où on le retrouve dans de nombreux plats.

Comment consommer le curcuma

En cuisine, avec du poivre noir et un peu de matière grasse

pot de curcuma en poudre
C’est la façon la plus simple et la plus sûre. La curcumine est mal absorbée seule : associez le curcuma à du poivre noir, dont la pipérine améliore son assimilation, et à un peu de matière grasse (huile d’olive, lait de coco). Une demi à une cuillère à café par plat suffit : soupes de légumes ou de lentilles, riz, œufs brouillés, légumes rôtis. Pour le petit-déjeuner, essayez le « lait d’or », une boisson végétale chaude avec du curcuma, une pincée de poivre et de la cannelle, dont vous trouverez la recette dans notre article Petit-déjeuner et arthrose.

 

En jus frais

Si vous ne trouvez pas le temps d’en cuisiner tous les jours, le jus de curcuma frais bio est une façon pratique d’en consommer, à la cuillère le matin, selon les indications du flacon.

En gélules

Les gélules de curcuma et poivre associent de la poudre de rhizome de curcuma à du poivre noir. À prendre pendant un repas, avec un grand verre d’eau, en respectant scrupuleusement la posologie indiquée sur la boîte. Le poivre noir peut modifier l’absorption de certains médicaments : demandez conseil à votre pharmacien si vous suivez un traitement.

Comment choisir un complément de curcuma

Privilégiez un produit dont la composition est claire, et méfiez-vous des formules très concentrées en curcumine ou à biodisponibilité fortement augmentée, plus à risque. Une poudre de rhizome, comme dans nos gélules, reste plus proche de l’épice utilisée en cuisine. Respectez les doses et faites des cures plutôt qu’une prise sans fin. Voici un récapitulatif :

  • Épice en cuisine : à utiliser au quotidien dans vos plats, en ajoutant du poivre noir et un peu de matière grasse.

  • Jus frais bio : à prendre à la cuillère, le matin, en suivant les indications du flacon.

    Gélules : à prendre en cure, pendant un repas, en respectant la dose recommandée. Demandez un avis médical en cas de traitement.

 

Précautions et contre-indications

Le curcuma utilisé comme épice dans les plats ne pose pas de problème aux doses habituelles. La vigilance concerne surtout les compléments alimentaires.

  • Les compléments de curcuma sont déconseillés en cas de calculs biliaires ou de troubles des voies biliaires, d’ulcère de l’estomac ou du duodénum
  • Demandez l’avis de votre médecin en cas de maladie du foie
  • Ils sont déconseillés sans avis médical en association avec un traitement anticoagulant ou antiplaquettaire, un traitement anticancéreux ou immunosuppresseur
  • Ils ne sont pas adaptés aux enfants, ni aux femmes enceintes ou allaitantes
  • Prudence en cas de carence en fer, le curcuma pouvant gêner l’absorption du fer chez certaines personnes
  • Informez votre équipe médicale avant une intervention chirurgicale, il est souvent recommandé d’arrêter les compléments de curcuma une à deux semaines avant
  • À fortes doses, il peut provoquer des troubles digestifs (nausées, diarrhées)

Complément alimentaire. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée. Ne se substitue pas à une alimentation variée, équilibrée et à un mode de vie sain. Tenir hors de portée des jeunes enfants.

visuel récapitulatif bienfaits curcuma

Les idées reçues sur le curcuma

« Le curcuma remplace l’aspirine ou l’ibuprofène »

Faux. Aucun complément de curcuma ne se substitue à un médicament contre la douleur ou l’inflammation, et il n’y a pas lieu d’arrêter un traitement prescrit pour le remplacer.

« Le curcuma soigne le cancer »

Faux, et c’est un point important. Aucune preuve ne permet de dire que le curcuma traite ou prévient un cancer. Il peut en outre interagir avec certains traitements anticancéreux : si vous êtes suivi pour un cancer, ne prenez aucun complément de curcuma sans l’accord de votre oncologue.

« Le curcuma n’a aucun effet secondaire »

Faux. Comme toute plante active, il a des précautions d’emploi, détaillées plus haut.

« Plus on en prend, mieux c’est »

Faux. Augmenter les doses n’augmente pas les bénéfices, mais augmente les risques, en particulier pour le foie avec les compléments.

Questions fréquentes sur le curcuma

Comment mieux assimiler le curcuma ?

En l’associant à du poivre noir et à un peu de matière grasse, par exemple de l’huile d’olive ou du lait de coco. C’est le principe du lait d’or et de nombreux plats indiens.

Peut-on prendre du curcuma tous les jours ?

En cuisine, aux doses habituelles, oui. En complément alimentaire, mieux vaut faire des cures avec des pauses, en respectant la dose indiquée.

Combien de temps faut-il pour ressentir un effet ?

Cela varie beaucoup d’une personne à l’autre. Comptez plusieurs semaines de prise régulière avant de pouvoir juger, et gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un accompagnement, pas d’un traitement.

Peut-on associer curcuma et gingembre ?

Oui, ce sont deux cousins de la même famille que l’on associe souvent en cuisine. Si le gingembre vous intéresse, retrouvez notre article Tout savoir sur le gingembre.

Le curcuma convient-il à tout le monde ?

Non. Il est déconseillé en complément aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, et aux personnes concernées par les situations listées dans la partie précautions.

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