On en parle rarement, y compris avec son médecin, et pourtant les problèmes de prostate concernent beaucoup d’hommes à partir de la cinquantaine. Se lever plusieurs fois la nuit, avoir un jet plus faible, sentir que la vessie ne se vide jamais tout à fait : ces gênes sont fréquentes, pas honteuses, et on peut les prendre en charge. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre ce qui se passe, repérer les signaux importants, savoir quand consulter et adopter les bons réflexes au quotidien.
Qu’est-ce que la prostate ?
La prostate est une petite glande masculine située juste sous la vessie. Elle produit une partie du liquide qui compose le sperme. Elle est traversée par l’urètre, le canal qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur du corps. À 20 ans, elle a à peu près la taille d’une châtaigne. Avec l’âge, elle a tendance à grossir, et dans les cas les plus marqués, elle peut atteindre la taille d’une orange.
L’hypertrophie bénigne de la prostate, de quoi parle-t-on ?
Quand la prostate augmente de volume, elle peut comprimer l’urètre et gêner l’écoulement de l’urine. On parle d’hypertrophie bénigne de la prostate, aussi appelée adénome de la prostate. Le mot « bénigne » est important : il s’agit d’une augmentation de volume qui n’est pas un cancer. Elle est très fréquente avec l’âge, et elle ne s’accompagne pas toujours de gêne. Deux situations peuvent toutefois coexister, d’où l’intérêt d’en parler à son médecin, nous y revenons plus bas.

Les signes qui doivent attirer votre attention
Une prostate qui grossit peut s’accompagner de plusieurs signes, plus ou moins gênants au quotidien :
- Un besoin fréquent d’uriner, surtout la nuit
- Un jet d’urine faible ou qui démarre difficilement
- La sensation de ne pas avoir vidé complètement la vessie
- Des fuites urinaires après être allé aux toilettes
- Des infections urinaires à répétition
- Des troubles sexuels, qui peuvent être associés à l’âge ou provoqués par certains traitements : n’hésitez pas à en parler
À partir de quel âge est-on concerné ?
Les hommes ne sont pas tous égaux face à la prostate. Certains sont gênés dès la quarantaine, d’autres n’ont aucun symptôme à 70 ans. On estime qu’environ la moitié des hommes de plus de 50 ans a une prostate qui augmente de volume, sans que cela entraîne toujours de gêne. Cela mérite donc d’être pris au sérieux, sans dramatiser.
Quand consulter ?
- Urgence, appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences si vous ne parvenez plus du tout à uriner
- Consultez rapidement en cas de fièvre avec brûlures en urinant ou douleurs du bas du ventre, de sang dans les urines ou le sperme, ou de douleur inhabituelle
- Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant ou un urologue si les gênes urinaires s’installent, en particulier les réveils nocturnes fréquents, le jet faible ou les infections répétées
Lors de la consultation, le médecin pourra aussi aborder avec vous la question du dépistage du cancer de la prostate, par un toucher rectal et un dosage du PSA. Il n’est pas systématique : c’est une décision à prendre ensemble, au cas par cas, en particulier à partir de 50 ans, ou plus tôt en cas d’antécédents familiaux. Et si vous avez une infection urinaire, ne vous soignez pas seul : chez l’homme, elle doit toujours être examinée par un médecin.
Les bons réflexes au quotidien
Quelques habitudes simples peuvent aider à limiter la gêne, et à les adopter dès la quarantaine, on les intègre sans effort.
- Buvez normalement dans la journée mais évitez de boire dans les deux heures qui précèdent le coucher, pour limiter les réveils nocturnes. Notre article Hydratez-vous détaille comment bien répartir ses apports
- Limitez le café et l’alcool, surtout en fin de journée : ils augmentent la production d’urine et peuvent irriter la vessie
- Demandez conseil à votre pharmacien avant de prendre un décongestionnant nasal ou un antihistaminique, qui peuvent gêner la miction chez certains hommes, et demandez-lui des alternatives
- Allez aux toilettes dès que le besoin se fait sentir plutôt que de vous retenir longtemps
- Gardez une alimentation équilibrée et un poids stable : le surpoids est associé à davantage de problèmes de prostate. Nos articles Évitez l’excès de poids et Maigrir après 50 ans, c’est possible vous donnent des pistes
- Bougez régulièrement, la marche suffit pour commencer
Si les réveils nocturnes perturbent vos nuits, notre article Comment trouver le sommeil naturellement ? vous aidera à mieux récupérer.

Les plantes et nutriments traditionnellement utilisés
Certaines plantes et huiles sont traditionnellement utilisées pour accompagner le confort urinaire masculin. Elles viennent en complément des bons réflexes et d’un suivi médical, jamais à la place.
- L’huile de pépins de courge, traditionnellement utilisée pour accompagner le confort urinaire
- Confort urinaire masculin, qui associe le sabal (palmier nain), l’épilobe à petites fleurs et le prunier d’Afrique, trois plantes traditionnellement utilisées pour ce confort
Informez toujours votre médecin des compléments que vous prenez, en particulier avant un dosage du PSA, et si vous suivez déjà un traitement pour la prostate, demandez conseil avant de commencer une cure.
Compléments alimentaires. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée. Ne se substituent pas à une alimentation variée, équilibrée, ni à un suivi ou à un traitement médical. Demandez l’avis d’un professionnel de santé en cas de traitement en cours.
Ce que propose la médecine
Quand la prostate est assez grosse pour gêner vraiment l’écoulement, il faut en premier lieu consulter votre médecin traitant ou un urologue pour poser le diagnostic. Selon la situation, un traitement est proposé pour soulager la gêne.
Les médicaments
Deux familles sont le plus souvent prescrites. Les alpha-bloquants détendent les muscles de la vessie, de l’urètre et de la prostate, et agissent rapidement. Les inhibiteurs de la 5-alpha réductase freinent la croissance de la prostate. Ils peuvent avoir des effets secondaires possibles : baisse de tension, vertiges, troubles de l’éjaculation, baisse de la libido, maux de tête, palpitations. N’hésitez pas à en discuter avec votre médecin.
Quand la situation ne s’améliore pas
Si les médicaments ne suffisent plus, une intervention peut être envisagée. Deux grandes approches existent.
- La chirurgie par les voies naturelles (résection transurétrale de la prostate, au bistouri ou au laser) retire la partie de la prostate qui comprime l’urètre. Parmi les effets possibles : fuites urinaires temporaires, caillots de sang, et surtout une éjaculation rétrograde, fréquente après cette intervention. Une perte d’érection est rare mais possible
- L’embolisation de la prostate consiste à boucher, à l’aide de microbilles, une partie des vaisseaux qui irriguent la prostate, pour la faire diminuer de volume. Elle se fait sans chirurgie, sous anesthésie locale, en ambulatoire. Elle nécessite des artères en bon état. C’est une technique plus récente, avec moins de recul que la chirurgie classique : à discuter avec un urologue.
Récapitulatif : que faire selon la situation ?

Questions fréquentes sur la prostate
Une prostate qui grossit, est-ce un cancer ?
Non, dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une hypertrophie bénigne. Mais les deux peuvent coexister, c’est pourquoi un suivi médical et une discussion sur le dépistage sont utiles.
Se lever la nuit pour uriner, est-ce forcément la prostate ?
Pas forcément. Cela peut venir de la prostate, mais aussi de la consommation de liquides le soir, de certains médicaments ou d’autres causes. Un avis médical permet d’y voir clair.
Faut-il faire un dosage du PSA à 50 ans ?
Il n’y a pas de dépistage systématique. C’est une décision à prendre avec votre médecin, au cas par cas, après une discussion sur les avantages et les limites de l’examen.
Les compléments à base de plantes peuvent-ils remplacer un traitement ?
Non. Ils sont traditionnellement utilisés pour accompagner le confort urinaire, mais ne remplacent ni un diagnostic ni un traitement prescrit.
À partir de quel âge faut-il s’en préoccuper ?
Il n’y a pas d’âge précis. Après 50 ans, il est conseillé d’en parler régulièrement avec son médecin, et dès l’apparition de gênes urinaires, quel que soit l’âge.
Si vous avez plus de 50 ans, d’autres sujets peuvent vous concerner. Retrouvez nos articles Quels compléments alimentaires pour les seniors ?, Douleurs articulaires, vous pouvez agir et Comment bien vieillir ?
Besoin d’un conseil personnalisé ?
Chaque situation est différente, et il est important de ne pas rester seul avec ces gênes. N’hésitez pas à prendre un rendez-vous téléphonique gratuit avec notre naturopathe, en complément du suivi de votre médecin ou de votre urologue.





